I- Definition :
L'alcoolisme est l'addiction à l'alcool (éthanol) contenu dans les boissons alcoolisées L'O.M.S reconnaît l'alcoolisme comme une maladie et le définit comme des troubles mentaux et troubles du comportement liés à l'utilisation d'alcool.
L'alcool est une substance psychoactive à l'origine de cette dépendance mais elle est également une substance toxique induisant des effets néfastes sur la santé. L'alcoolodépendance est à l'origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.
II- Données épidémiologiques :
Dans le monde :
Consomation de litre d'alcool par personne de plus de
15ans et plus par années et par pays. (O.M.S 2008)
En France :
En 2008, 100 000 personnes consultent dans les centres de cure en alcoologie et 48 000 consultent un médecin pour un sevrage. En 2007, 93 000 hospitalisations avec comme diagnostic principal des troubles mentaux et du comportement liés à la consommation d'alcool sont dénombrées.
III- Facteurs favorisants :
On ne naît pas alcoolique, on le devient.
Trois grands facteurs sont susceptibles de favoriser le développement de l'alcoolisme.
Facteur biologique: il semble que nous ne soyons pas tous égaux devant l'alcool. Certains vont développer plus rapidement que d'autres une accoutumance à l'alcool ; c'est " l'effet drogue " de l'éthanol.
Facteur psycologique : la plupart des personnes utilisant l'alcool ressentent des effets psychotropes, tel l'anxiolyse, la dés inhibition, l'atténuation d'une tristesse de l'humeur, voire un effet psychostimulant. C'est l'effet " médicament " du produit lorsqu'il est utilisé de façon répétée pour faire face aux difficultés à vivre.
Facteur social : boire est un acte social, que l'on retrouve dans la plupart des groupes culturels, et il n'est pas rare qu'un individu qui se refuserait systématiquement à un tel partage se retrouve avec des difficultés d'intégration. C'est l'effet socialisant de l'utilisation du produit.
Mais si l'alcool intervient plus ou moins directement sur ces trois facteurs chez un même individu, toute personne s'alcoolisant ne va pas devenir alcoolique pour autant. Il faut, en plus, un dernier facteur : la répétition du comportement au travers d'un acte addictif (acte de dépendance).
IV- Moyen de prévention :
Les moyens de prévention sont:
- Rappeler les risques : de manière pertinente, en trouvant les bons leviers, en s'adaptant au public.
- Se faire connaître : être présents en soirée (et si c'est le cas, assumer de boire...), mais aussi en dehors des soirées. L'imitation des pairs est encore puissante chez les étudiants, et c'est à double tranchant : boire comme tout le monde, ou s'en servir comme levier pour la prévention ?
- Avoir un discours ludique et pédagogique : éviter le ton moralisateur, donneur de leçon.
- Cibler son public.
- Garder le fil rouge de la prévention lors des soirées.
- Rappeler TOUS les risques : sécurité routière, alcoolo-dépendance (6 cuites par an ; 2-3 verres par jour), etc.
- Se rappeler les spécificités du public étudiant : encore adolescent, déjà adulte, responsabilisable, etc.
V- Conséquences
_ Sur personnes malades:
L'ivresse se caractérise par un état d'ébriété, avec ralentissement des réflexes et diminution de la vigilance, un état d'euphorie ou, au contraire, de tristesse, une mauvaise appréciation des situations, des troubles de l'équilibre ainsi qu'une vasodilatation. L'ivresse peut conduire jusqu'au coma éthylique, situation pouvant amener au décès.
Une consommation chronique d'éthanol a des répercutions directes sur différentes fonctions et organes du corps :
système nerveux: neuropathie alcoolique, névrite optique rétro bulbaire, encéphalopathie hépatique, démences alcooliques
foie: cirrhose avec insuffisance hépato-cellulaire ;
pancréas: pancréatite: pancréatite aiguë ou pancréatite chronique, insuffisance pancréatique exocrine (mal digestion) et endocrine (diabète);
système cardiovasculaire : hypertension artérielle, cardiopathie, hypertension portale avec varices gastriques et oesophagiennes, insuffisance veineuse.
appareil sexuel: perte du désir sexuel, impuissance, éjaculation précoce, anorgasmie, dyspareunies, aménorrhée...
La consommation chronique augmente le risque de cancers, dont notamment :
cancer du foie, cancer du pancréa;
cancer de la bouche (langue, cavum, lèvres), cancer de l'oesophage, cancer de l'estomac;
cancer du sein
La consommation chronique d'alcool augmente le risque de troubles dépressifs et anxieux. Elle peut conduire vers une situation de dépendance. La dépendance est caractérisée lorsque la personne est devenue incapable d'arrêter ou de réduire sa consommation.
-sur la famille:
Lorsque son alcoolisme devient par trop évident, commencera la phase de la lutte ouverte entre son entourage qui constate la situation et lui-même qui la refuse. Ceci aboutit à détériorer complètement la relation entre le malade et son entourage : le malade se sent persécuté par l'entourage. L'entourage se sent dupé par le malade qui fuit sans arrêt, accumule les problèmes, nie sa maladie ou quant il la reconnaît fait des promesses qu'il ne peut tenir du fait du manque.
-sur la société:
Il vivra cette sanction comme une persécution. Se retrouvant au chômage, il sera vite repéré comme alcoolique à l'embauche et aura plus de mal qu'un sujet normal à retrouver du travail. Lorsqu'il en retrouvera, ce sera toujours à un poste moins qualifié que celui qu'il avait avant.
La meilleure chance qu'il lui reste au terme de ce cursus est d'être reconnu comme invalide, ce qui lui permettrait d'utiliser la pension pour continuer de "soigner" sa toxicomanie (à l'alcool).

